Le mouvement C’est l’temps! :

le premier mouvement de revendication pour le droit à des services de justice en français en Ontario, de 1975 à 1977


Au temps de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme mise sur pied par le gouvernement fédéral (1963-1971), les provinces majoritairement anglophones sentent aussi le besoin de réagir aux revendications des minorités francophones et à la montée du nationalisme québécois. Les neuf provinces anglophones apportent des réformes plus ou moins marquées dans le domaine de l’éducation des minorités francophones et tentent de garantir un meilleur accès à l’enseignement en français, langue seconde. Le Nouveau-Brunswick enchâsse le principe du bilinguisme à l’échelle provinciale. L’Ontario ne suit pas l’exemple néo-brunswickois, mais le premier ministre conservateur, John Robarts, adopte certaines mesures pour la population francophone. En 1965, il crée un comité de coordination des services en français, l’Advisory Committee on French Language Services. Il permet également l’usage du français à l’Assemblée législative. En 1967, il autorise la création d’écoles secondaires publiques de langue française. En 1971, son successeur conservateur, William « Bill » Davis, réitère l’importance d’offrir plus de services en français.

Le gouvernement ontarien prépare alors une première politique relative à la traduction de documents officiels en français destinés au public francophone. Trois ans plus tard, le Conseil consultatif des affaires franco-ontariennes est créé.

Ce n’est pas assez. Et les réformes sont trop lentes. Le mouvement C’est l’temps! voit le jour en 1975 et se charge de faire pression sur le gouvernement ontarien, sur le procureur général Roy McMurtry et sur le premier ministre Davis, pour qu’ils tiennent la promesse du 3 mai 1971 d’offrir des services en français. Plus particulièrement, le mouvement C’est l’temps! revendique le « droit fondamental des Franco-Ontariens de s’exprimer librement – c’est-à-dire sans traducteur interposé – devant les tribunaux de leur province ». Il demande de rendre les codes civil et criminel de la province accessibles en français, « comme ils le sont d’ailleurs au Québec et au Nouveau-Brunswick ». Dans sa quête, il est soutenu par l’Association canadienne-française de l’Ontario, la Fédération des femmes canadiennes-françaises et l’Association des enseignantes et des enseignants francophones de l’Ontario.

Premier mouvement de désobéissance civile en Ontario depuis la contestation du Règlement XVII, le mouvement C’est l’temps! (1975-1977) est l’œuvre d’une jeunesse franco-ontarienne qui s’impatiente devant la lenteur des progrès en matière de services en français. Ces jeunes, dont plusieurs seront emprisonnés, se battent à coup d’échanges épistolaires, d’articles dans les journaux et de rencontres avec les hauts dirigeants de la province. Ces mobilisations ont constitué une première étape vers l’accès des francophones à une justice en français en Ontario et au Canada.

Le mouvement C’est l’temps! réclame :

la fin des contraventions unilingues anglaises (excès de vitesse ou stationnement); la fin des plaques d’immatriculation unilingues anglaises; des formulaires de justice bilingues; des permis de conduire bilingues; des cours de justice bilingues; des règlements municipaux bilingues.

Cette exposition virtuelle veut mieux faire connaître les origines, les réalisations et l’existence même de ce mouvement de contestation unique en Ontario.

Les origines d'un mouvement contestataire : des années 1960 à la fondation du groupe le 11 septembre 1975

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La parole aux acteurs : de février 1975 à novembre 1977

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Les retombées du mouvement et la «suite du monde»

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Chronologie des événements de 1968 à 1986, de l’adoption de la loi 141 reconnaissant les écoles élémentaires françaises à l’adoption de la loi 8 sur les services en français.

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Un grand merci aux divers partenaires et chercheurs qui ont collaboré à la réalisation de cette exposition virtuelle.

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