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      La presse et la résistance au
      
Règlement XVII (1912-1927)

      

 

 

 

« L'avenir est à ceux qui luttent » :
la fondation du Droit

La fondation du Droit ne s'explique qu'en fonction de la crise qui, dès le début du XXe siècle, s'amorce sur la place du français dans les écoles ontariennes. Depuis déjà plusieurs années, une partie du clergé irlandais livre une guerre sourde à l'influence canadienne-française à l'intérieur de l'Église catholique ontarienne et exige de plus en plus ouvertement l'abolition du français dans les écoles séparées de la province. À Montréal, lors du grand congrès eucharistique international de 1910, un archevêque britannique, Mgr Bourne, soutient que, pour assurer son expansion en Amérique, l'Église catholique doit adopter l'anglais comme unique langue de fonctionnement. C'est Henri Bourassa, politicien, militant nationaliste et fondateur, la même année, du Devoir de Montréal, qui monte à la tribune pour fournir la réplique au prélat britannique. Les Canadiens français, s'exclame-t-il, ont le droit de résister à l'assimilation où qu'ils soient au pays, la langue française représentant, pour eux, la « gardienne » de la foi catholique. Néanmoins, Bourne semble approuver le projet d'anglicisation du lobby irlando-catholique de l'Ontario qui se joindra aux loges orangistes anglo-protestantes pour réclamer l'abolition du français dans les écoles de la province.

Conscients de la menace qui plane sur le maintien du français dans les écoles de leur province, les Franco-Ontariens s'organisent. En 1910, un immense congrès rassemble, à Ottawa, plus de 1 200 délégués représentant toutes les régions de l'Ontario français. Parmi les nombreuses résolutions qu'adoptent les participants, il en est deux qui passeront à l'histoire : la fondation de l'Association canadienne-française d'éducation d'Ontario (ACFEO) et la mise sur pied d'un journal pour défendre les droits linguistiques et religieux des Franco-Ontariens. L'ACFEO verra le jour immédiatement. Pour le journal, ce sera plus compliqué. Il faudra attendre que le gouvernement ontarien adopte, en 1912, le Règlement XVII, qui proscrira l'utilisation de la langue française dans les écoles ontariennes, pour qu'on y donne suite. Le 27 mars 1913, après quelques hésitations, le premier numéro du nouveau quotidien paraît. Il a été baptisé Le Droit par Arthur Joyal des Oblats d'Ottawa, communauté religieuse qui détient la majorité des actions du Syndicat d'Oeuvres sociales, l'organisme propriétaire du journal. Le Droit ne compte, en cette première livraison, que six pages. Mais la simplicité de son apparence ne dissimule rien de la combativité de son caractère, que traduit sa fort belle devise, « L'avenir est à ceux qui luttent ». D'ailleurs, son directeur, l'infatigable père Charles Charlebois, sera parmi les premiers à monter aux barricades pour dénoncer ceux qui, en Ontario, oseront s'acharner contre la langue française.

La presse et la résistance au Réglement XVII(1912-1927)

 

   
                 
       
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Dernières modifications : 2002.05.29

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Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF), 2002