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  LA PRÉSENCE FRANÇAISE EN ONTARIO : 1610, PASSEPORT POUR 2010  
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L'ÉDUCATION

Les revendications et les luttes scolaires

   Le Règlements XVII

      La résistance dans les
   
   écoles franco-ontariennes

         La résistance à Ottawa

 

 

 

 

 

 

L'année 1916 dans les écoles d'Ottawa

À Ottawa, l'année 1916 commence avec un grand coup d'éclat à l'école Guigues. Le matin du mardi 4 janvier 1916, les mères des élèves de l'école indépendante des demoiselles Desloges ordonnent à leurs enfants de reconduire leurs enseignantes à l'école Guigues. Le groupe réussit à reprendre l'école et à chasser les membres de la « Petite Commission » dont le bureau est situé dans l'école. Armées de ciseaux et d'épingles à chapeau, elles montent la garde à l'entrée. Cependant, la « Petite Commission » obtient une injonction contre les demoiselles Desloges pour qu'elles quittent immédiatement l'école, faute de quoi elles seront arrêtées et mises en prison. En dépit de l'injonction, les demoiselles Desloges enseignent à l'école Guigues. Pendant les heures de classe, elles sont protégées par les gardiennes de l'école. Le soir, les enseignantes et les gardiennes rentrent à la maison. Mais le matin du vendredi, 7 janvier 1916, avant l'arrivée des gardiennes, des policiers venus à la demande de la « Petite Commission » sont à l'école Guigues pour empêcher les demoiselles Desloges d'entrer. Cependant, une foule d'hommes, de femmes et d'enfants accompagne les enseignantes. Les hommes et les femmes réussissent à entrer dans l'école. Des élèves font entrer les demoiselles Desloges par une fenêtre. Les femmes reprennent le contrôle de l'école. Le président de la « Petite commission », Arthur Charbonneau, tente de convaincre les parents de reconnaître la légitimité des enseignantes nommées par sa commission, mais les parents obtiennent plutôt sa démission. Puis, les femmes le sortent de force. Dans l'après-midi, le président du Conseil des écoles séparées d'Ottawa (CESO), Samuel Genest, vient saluer la victoire des parents. De leur côté, les gardiennes de l'école Guigues restent à leur poste jour et nuit. Dès le lundi suivant, les demoiselles Desloges enseignent à l'école Guigues.

Le rôle extraordinaire joué par les mères et les grand-mères de familles dans la prise de l'école Guigues, au nom de la langue française, étonne les contemporains, dont le père Rodrigue Villeneuve, professeur au scolasticat Saint-Joseph d'Ottawa et futur cardinal de Québec. Dans une lettre extraordinaire rédigée pendant les événements et adressée à l'abbé Lionel Groulx, le père Villeneuve raconte en détails la prise de l'école Guigues par les parents et les élèves menés par une « escouade d'amazones ».

D'autre part, l'héroïsme des « Madeleine de Verchères » de l'école Guigues a un effet catalyseur sur les forces de la résistance franco-ontarienne. À la fin du mois de janvier, la tension est palpable dans toutes les écoles de la CESO. Débute alors une série de manifestations des élèves francophones d'Ottawa. Le 31 janvier, ils se rendent à la mairie d'Ottawa pour réclamer justice pour leurs écoles et le paiement du salaire de leurs enseignants. Mais rien n'y fait. L'ACFEO et la CESO adoptent une nouvelle stratégie afin d'obtenir l'appui de l'opinion publique et des gouvernements. Le 3 février 1916, le jour de l'incendie du Parlement canadien, les dix-sept écoles de la CESO ferment leurs portes. Dès lors, les 4 300 élèves francophones de la CESO font la grève et paradent régulièrement en brandissant des pancartes dans les rues d'Ottawa. Une chanson sur le Règlement XVII reprend l'air de « It's a Long Way to Tipperary », une célèbre chanson de la Première Guerre mondiale. Le 17 février, ils parcourent les rues en voiture. Ils continuent à manifester jusqu'au printemps. Jusqu'à la fin du mois de juin 1916, les écoles sont surveillées par des équipes de gardiennes. Les écoles de la CESO ouvrent à nouveau leurs classes à l'automne 1916. En novembre 1916, le Conseil privé de Londres déclare la « Petite Commission » illégale. La CESO peut reprendre ses activités normalement. Samuel Genest décide de payer les salaires en retard que la CESO devait à ses enseignants. Cependant, des contribuables anglophones intentent une poursuite judiciaire contre Genest afin de le faire emprisonner. Mais l'intervention du pape Benoît XV, qui défend aux catholiques de l'Ontario de se poursuivre entre eux pour des questions de langue, met un terme aux procédures judiciaires. Jusqu'en 1927, le CESO va continuer à s'opposer au Règlement XVII.

La résistance à Ottawa

 
   
                 
       
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Dernières modifications : 2004.03.01

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Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF), 2004