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  LA PRÉSENCE FRANÇAISE EN ONTARIO : 1610, PASSEPORT POUR 2010  
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L'ÉDUCATION

Les revendications et les luttes scolaires

   Les luttes pour les écoles
   secondaires de langue française

      Penetanguishene (Ontario)

 

 

 

 

 

L'école de la résistance

En janvier 1979, Elise Grossberg, présidente de la Commission des langues de l'Ontario, soumet un rapport préconisant la création d'une école secondaire de langue française sur le modèle établi à Elliott Lake. Le Conseil scolaire de Simcoe refuse à nouveau de bouger. Le Comité consultatif de langue française (CCLF) demande la construction d'une annexe à l'école existante. Le Conseil scolaire refuse encore. La crise prend alors une nouvelle dimension : Penetanguishene devient le symbole de la lutte pour l'épanouissement de la culture franco-ontarienne. L'AEFO lance une campagne provinciale d'appui à la construction d'une école secondaire de langue française à Penetanguishene. Un comité provincial de stratégie en appui à la lutte scolaire des francophones de Penetanguishene est formé par la Fédération des francophones hors Québec, l'Association canadienne-française de l'Ontario, Direction Jeunesse, l'Association des enseignants franco-ontariens et la Fédération des élèves du secondaire franco-ontarien. À l'été 1979, des parents, des élèves et le comité provincial décident d'établir une nouvelle école secondaire de langue française à Penetanguishene, l'école de La Huronie. Jeannine Séguin, présidente de l'ACFO, prend la direction de cette école de la résistance.

La création de l'école de La Huronie est célébrée en grande pompe par les francophones de la région de Penetanguishene. Une grande fête est organisée à Penetanguishene et Lafontaine les 1er et 2 septembre. Le 3 septembre, l'école est inaugurée. Le 4 septembre, l'école accueille 56 étudiants de la 9e à la 13e année. L'école est située dans l'édifice désaffecté du Bureau de poste de Penetanguishene. L'AEFO assume la responsabilité de l'organisation pédagogique. Les enseignants sont des bénévoles. L'AEFO demande à ses membres de contribuer une heure de leur salaire pour financer l'école. La campagne de levée de fonds « 10 ˘ pour Penetang » est lancée dans les écoles franco-ontariennes.

La création de l'école secondaire de La Huronie provoque de nombreuses réactions négatives chez les anglophones. Une ligue, l'association Concerned Citizens for Bilingual Unity a pour slogan « Go Back to Quebec ! ». La ville de Penetanguishene perd sa cause devant la Cour supérieure de l'Ontario pour imposer une injonction contre l'école de La Huronie. Mais les francophones de Penetanguishene obtiennent de nombreux appuis provenant de l'ensemble de la communauté franco-ontarienne et d'importants appuis politiques. Le commissaire aux langues officielles du Canada, Maxwell Yalden, accorde son appui aux francophones de Penetanguishene. À la veille de l'inauguration de l'école de La Huronie, Pierre Elliott Trudeau, le chef du Parti Libéral du Canada, alors dans l'opposition, souligne que le gouvernement ontarien doit respecter les droits de sa minorité francophone et doit lui accorder une école secondaire de langue française. Le 12 octobre 1979, la ministre de l'Éducation, Bette Stephenson, rejette la demande des parents francophones pour la construction d'une école secondaire de langue française. Elle soutient que cette décision relève des conseils scolaires.

Mais, dans un contexte où une campagne référendaire s'annonce au Québec, la crise de Penetanguishene embarrasse William Davis, le Premier ministre conservateur de l'Ontario, qui se fait un ardent défenseur du fédéralisme canadien. Penetanguishene devient un symbole de l'unité canadienne dans les médias du pays. En janvier 1980, l'ACFO lance sa campagne « Penetang : heure de solidarité ». Les francophones de Penetanguishene portent leur cause devant la Cour supérieure de l'Ontario. Le gouvernement Davis promet de débourser 95 % des coûts de construction d'une école secondaire de langue française. Devant la promesse du gouvernement provincial et dans l'attente de la décision des tribunaux, les francophones ferment l'école de La Huronie et les élèves francophones réintègrent l'école secondaire de Penetanguishene. Cependant, le Conseil scolaire de Simcoe refuse toujours de construire une école distincte pour les élèves francophones. Finalement, la Cour supérieure de l'Ontario rend une décision favorable aux francophones de Penetanguishene en 1982. La Cour donne un mandat à la Commission scolaire du comté de Simcoe de construire une école de langue française distincte pour les francophones, une école offrant les mêmes installations que dans les écoles secondaires anglophones. L'école secondaire Le Caron ouvre ses portes en 1982.

La Commission Hope

 
   
                 
       
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Dernières modifications : 2004.03.01

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Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF), 2004