Le Règlement XVII : luttes et mobilisation

En 1912, le gouvernement de l’Ontario adopte une mesure visant à interdire l’usage du français dans les écoles fréquentées par les élèves franco-ontariens et à faire de l’anglais la  seule langue d’enseignement. Le Règlement XVII limite l’enseignement en français et son usage comme langue de communication aux deux premières années du primaire. Devant la brutalité d’une telle mesure, la mobilisation est massive. Des écoles et paroisses, elle gagne rapidement la classe politique. Les milieux nationalistes canadiens-français de tout le pays s’engagent dans la lutte. Le Québec appuie le mouvement de résistance dirigé par l’Association canadienne-française d’éducation d’Ontario (ACFEO) par divers moyens : cueillettes de fonds, pétitions, pressions politiques, interventions des marchands et des industriels. Les journaux soutiennent également la lutte des écoles françaises de l’Ontario contre le Règlement XVII. Cette mobilisation des « frères » du Québec contribuera à la pression exercée sur le gouvernement de l’Ontario  et à la mise en veilleuse du Règlement XVII  en 1927.

Cette exposition est consacrée à ce mythe fondateur de l’Ontario français qu’est devenu le Règlement XVII. Développée à partir des pages de l’exposition  La présence française en Ontario : 1610, passeport pour 2010 consacrées aux revendications et aux luttes scolaires, elle les enrichit grâce à une analyse approfondie de la mobilisation à laquelle ce règlement, hautement contesté, a mené, au Québec notamment. Elle est le produit de la collaboration entre le Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF) et la Fondation Lionel-Groulx. Elle a bénéficié du support financier du Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes du gouvernement du Québec (SAIC).