L’appui du mouvement nationaliste canadien-français

La crise du Règlement XVII, la dernière des grandes crises scolaires postconfédérales, déborde les frontières de l’Ontario et mobilise les milieux nationalistes canadiens-français de tout le pays, y compris ceux du Québec. De nombreux acteurs (intellectuels, journalistes, politiques, etc.) adhèrent à une conception largement non territoriale de la nation canadienne-française, dans laquelle ils voient une entité organique fondée sur le partage d’une langue, d’une culture, d’une foi et d’une mémoire communes. Selon cette définition de l’identité nationale, le Québec constitue le « foyer » de la nation et a un devoir de solidarité avec les communautés canadiennes-françaises dont les aléas de l’histoire ont provoqué la dispersion. Rarement l’appui du mouvement nationaliste aux minorités canadiennes-françaises aura été aussi important qu’au moment du Règlement XVII. À plusieurs égards, le conflit scolaire offre au Québec une dernière occasion de crier haut et fort son appui aux Canadiens français de la dispersion, avant que la Crise des années 1930 ne provoque les premières lézardes dans l’édifice conceptuel du nationalisme traditionaliste, lesquelles annonceront, de loin, les bouleversements intellectuels de l’après-guerre et de la Révolution tranquille.